On parle souvent du recrutement des anglais de Newcastle qui est composé d'une plénitude de joueurs tricolores de la défense à l'attaque. Une équipe connue et reconnue qui a su attirer plusieurs de nos internationaux. Mais dans le football européen, plusieurs clubs moins réputés attirent en masse nos bleus. Parmi celles-ci, une qui a connu son heure de gloire dans les années 90 et qui est toujours aussi un bon pied à terre pour un français. Mais pour ça, faut voir de l'autre côté des Alpes.... le Parma Football Club. Club qui fêtera ses 100 ans d'existence en Juillet 2013. Retour sur une équipe très...francese !

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Dans les années 90, l'entreprise locale Parmalat décide d'investir sur l'équipe de foot parmeggiani. Une équipe sans grande histoire... Avant sa crise du millénaire, cette période constitue encore au jour d'aujourd'hui, la période phare du Parma AC (ancien nom officiel avant 2005). Une époque où on pouvait trouver dans le onze de départ des mecs comme Buffon, Sensini, Cannavaro, Veron ou... Lilian Thuram, Johan Micoud, Sabri Lamouchi... Oui, cet exil de nos bleus a commencé dès les années 90. On en dénombre une dizaine depuis 1996. Thuram, alors défenseur très prometteur monégasque, s'engage à Parme l'été 1996 sous les ordres de Mister Ancelotti. Il rejoint une équipe qui lutte pour le haut de tableau et truste les trophées européens à une époque où la Serie A était le championnat à la mode. Il signera en même temps que Daniel Bravo, qui sort de 7 saisons sous le maillot du PSG. Avant tout, il est à noter qu'historiquement, la ville de Parme eut été rattachée à la France. En effet, Marie-Louise d'Autriche, alors dame de Napoléon, est nommé duchesse de Parme. Architecturalement, la ville est associée à Paris pour son style et son fleuve (le Pô) qui traverse la cité. A première vue, voir des français dans cette ville après l'arrêt Bosman est tout sauf une coïncidence. Nos deux précurseurs suivront néanmoins des parcours différents : Thuram sera champion du monde avec les Bleus mais sera surtout pendant 5 années, une véritable référence en défenseur droit en Italie. Vainqueur, en outre, de la C3 et de la Coupe d'Italie en 1999.  Il s'engagera quelques années après à la Juventus d'ailleurs. Daniel Bravo ne portera qu'une seule saison les couleurs de Parme. Le temps de jouer une vingtaine de matches et de signer l'année suivante à Lyon. Début d'un périple qui l'entraînera à l'OM puis à Nice avant de mettre un terme à sa riche carrière.

parme-dans-la-tourmenteBuffon, Thuram, Crespo, Veron, Cannavaro... la dream team

La réussite de Tutu incitera les dirigeants à continuer à se tourner vers la France qui sait exporter. Ainsi, Johan Micoud, alors meneur de jeu des Girondins de Bordeaux, rejoindra la tunique gialloblu sponsorisée Parmalat. Un choix à l'époque pas anodin pour une équipe confirmée aux joutes européennes. Deux saisons, le temps de se faire un nom et de rejoindre le Werder Breme pour devenir le Kaiser Johan. Mais ils ne seront pas les seuls : Sabri Lamouchi pour sa première expérience hors de nos frontières en 2000, Alain Boghossian l'été même où il devient champion du monde, Ousmane Dabo pour un prêt sur une demi-saison en 2000, Sebastien Frey et Martin Djetou en 2001, Reynald Pedros... De là à dire que Parme est fan de nos joueurs, il n'y a qu'un pas qui a déjà été atteint. Mine de rien, en 1998 elle avait dans ses rangs deux néo campiones del mundo ! Lorsqu'un français arrivait dans cette équipe, il avait déjà connaissance du passé et de la réussite de certains. Ce n'était pas un endroit inconnu et psychologiquement, ça rassure. Puis, le niveau de vie est excellent sur place. Durant près de 10 années, on trouvera toujours un, deux, voire trois bleus à Parme. Ou l'Arsenal italien... Une équipe suffisamment médiatisée chez nous grâce aux résultats de nos francese pour attirer du monde.

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Puis vint la période creuse du club parallèlement à la faillite de l'actionnaire principal Parmalat. En 2003, l'entreprise quitte le club. S'en suit plusieurs années à naviguer dans les eaux troubles de Serie A entrecoupés par des qualifications en coupe UEFA mais également une triste descente en Serie B en 2008. Cependant, l'équipe réussit à remonter directement. Entre le départ de Frey en 2005 et la signature du jeune Gregoire Defrel en 2010, aucun tricolore ne sera présent dans l'équipe. Un passage à vide coïncidant avec la crise du club ? Chacun à ses idées. L'année suivante, le jeune Jonathan Biabiany est prêté par la Samp. Un prêt converti en transfert définitif pour l'ancien prodige intériste et qui relance l'histoire d'amour entre la ville et le pays du (bon) vin. En effet, le défenseur formé à l'ASSE passé par Cesena, Yohan Benaoulane et l'attaquant Ishak Belfodil lâché par L'OL pour 2.5M€ constitue aujourd'hui le trio tricolore des parmesans.

Belfodil, 21 ans, aurait tapé dans l'oeil du coach Roberto Donadoni la saison dernière après une bonne demi-saison à Bologne, et s'avère être la révélation de l'équipe. Donadoni le voit même comme "le futur de Parme" pour un joueur qui selon lui "a un bel avenir devant lui. C’est quelqu’un qui bosse beaucoup, il est sérieux et on se réjouit de l’avoir." Avec 7 buts en Serie A et plusieurs caviars offerts à ses coéquipiers, nul doute que le néo-international algérien sera ardemment conservé par le club pour les saisons à venir. Benalouane, 26 ans, évolue lui au poste de défenseur central gauche dans un système en 3-5-2. Un poste qu'il affectionne et qui lui a permis de prendre part à 16 rencontres de championnat cette année. Il est donc un joueur important du club qui compte sur sa patte gauche pour stopper les attaques adverses et permettre au club de renouer avec l'Europe. Enfin, Biabany, 24 ans est le plus connu de la bande. Passé par l'Inter où il jouait des bouts de matches, à Parme il donne enfin la pleine mesure de son talent en étant systématiquement aligné sur le front de l'attaque. Bon ok, pour un attaquant, 1 but en 27 matches ça fait un peu Maurice-Belay, mais le directeur sportif parmesan a tenu à rappeler lors d'une interview qu'il était le joueur ayant réussi le plus de dribbles en Serie A lors de la première partie de saison et qu'il lui serait difficile de le céder. Puis lors des deux précédents exercices, il a marqué à chaque reprise 6 buts. Ce n'est donc pas un buteur, mais un joueur chiant à affronter pour un défenseur qui permet à ses coéquipiers de bénéficier de son apport.

parme bleuIshak et Jonathan très heureux à l'idée de manger des pâtes au parmesan ce soir !

Actuellement en 10e position après 31 journées, Parme va sans aucun doute terminer sa saison tranquillement au milieu de tableau. L'objectif du club en début de saison qui se remet difficilement des années 2000 galère. Avec nos 3 français, je vous parie que si le club réalise une bonne saison l'an prochain, on entendra à nouveau parler de Parme dans nos émissions locales. Une équipe qui, en fait, possède un réel lien avec la France.