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Liverpool 8e de Premier League après 21e journée. Du côté d'Anfield, l'heure est à la fête. Il faut dire que les fidèles supporters ne méritent pas tant de souffrances. Au-delà du classement, c'est surtout la manière de jouer du club qui attire de nouveaux les regards des amateurs de ballon rond. 5 succès et 2 défaites sur les 7 derniers matches de championnat dont un ultime 3-0 contre Sunderland. Steven Gerrard est redevenu Captain G et Suarez est en ébullition. Mais que de galère ! Que le début de championnat fut délicat (6 points en 7 journées) ! Un club de l'envergure des Reds mérite de jouer le haut du tableau chaque année. Il faut dire que depuis le départ du coach espagnol Rafa Benitez lors de la saison 2009-2010 après 6 ans de bons et loyaux services ponctués par une mythique victoire en Ligue des Champions face au Milan AC en 2005 (3-3 après être mené 3-0 et victoire aux pénos) et le départ précipité de son attaquant vedette Fernando Torres pour l'ennemi londonien de Chelsea lors du mercato hivernal 2010/2011, Liverpool a eu beaucoup de mal à s'en remettre et à retrouver un niveau qui était le sien auparavant. Il faut dire qu'ils n'ont pas été aidés entre un recrutement onéreux plus ou moins ratés (Carroll pour 40m€, Charlie Adam avec ses 8m, Henderson à 18m€ my god, Bellamy, Downing, Joe Cole...), des managers qui ne durent pas (Dalglish, Hodgson) et des cadres hors de forme comme Agger ou le symbole Steven Gerrard qui enchaîna blessures sur blessures depuis 2 ans. Malgré le rachat du club par des investisseurs américains plein d'ambition, le club végète dans les bas-fonds de Premier League très loin derrière les cadors MU, Arsenal, Chelsea et dorénavant Manchester City et Tottenham. L'an dernier, ils n'ont du leur qualification en Europa League qu'à la faveur d'une victoire en Carling Cup. En nommant Brendan Rodgers comme manager du club afin de réaliser le même travail que celui effectué à Swansea, les dirigeants espèrent avoir de bonnes performances sur le court terme et préserver une stabilité indispensable à son redressement à long terme. Nous sommes le Dimanche 13/01/13, jour du derby de l'Angleterre qui divise le peuple entre MU et Liverpool, les Reds ont-ils leur chance ? Is the legend back ?

 

 I / L'après Benitez catastrophique

 

Juin 2010, Benitez quitte la Merseyside direction l'Inter Milan. Après avoir vécu une année mi-figue mi-raisin, le technicien espagnol contesté en interne et par les supporters prend ses valises et s'en va malgré un contrat encourant jusqu'en 2014. Certains diront qu'il a fait son temps et que le club anglais avait besoin d'un nouveau souffle dans une équipe trop dépendante de ses leaders Torres-Gerrard. Sans eux, Liverpool était une équipe sans âme et au bord du gouffre financièrement. D'autres diront que le niveau de jeu affiché par l'équipe frôle le néant et le club n'a plus remporté de trophées depuis une FA Cup en 2006. Nous entamons donc la saison 2010/2011 avec comme manager, Roy Hodgson. Un choix alors ambitieux car Hodgson, véritable globe-trotter du ballon rond, sort d'une saison historique avec Fulham avec en prime une finale d'Europa League perdue face à l'Atletico Madrid 2-1. Surtout, pour la première fois depuis très longtemps, ce sera un coach britannique à la tête des Reds. Le recrutement suit : Jovanovic, le buteur vedette serbe en provenance du Standard Liège, Chrisitian Poulsen arrive de la Juventus, Joe Cole qui arrive gratuit suite à la fin de son contrat avec Chelsea ou encore Raul Meireles, l'homme à tout faire allure clodo de Porto. Les seuls départs notables seront ceux de l'israélien Benayoun vers Chelsea, Javier Mascherano vers Barcelone ou l'espagnol Albert Riera vers l'Olympiakos. C'est donc une équipe renforcée qui entame la saison, déterminée à bien mener l'après Benitez. Mais tout ne se passe pas comme prévu... Dans un premier temps, les hommes d'affaires américains Hicks et Gillett vendent le club contre 340M€ à John W. Henry, gérant du club de base-ball Boston Red Sox en outre. Puis, le 8 Janvier 2011, Hodgson est déjà licencié par le nouveau propriétaire en raison d'une piteuse 12e position en Premier League à la mi-saison. Le licenciement du coach anglais va totalement bouleverser le mercato hivernal du club de la Mersey et proposera au monde du foot un 31 Janvier 2011 phénoménal. En effet, la vedette Fernando Torres, dépité des mauvais résultats de son club, s'engage pour Chelsea contre 58M€ ! Gros choc pour les supporters qui ne lui pardonneront jamais cette traitrise ! Pour le remplacer, Liverpool engage Andy Carroll pour 40M€ de Newcastle. Le solide buteur est alors considéré à l'époque comme le futur grand attaquant de la sélection anglaise. Le club n'a dès lors pas hésité à s'aligner sur la demande de Newcastle. En complément, ils feront signer pour 28M€ l'attaquant uruguayen de l'Ajax Amsterdam : Luis Suarez. Pour remplacer coach Roy, la direction va s'appuyer en interne, sur une légende du club : l'honorable Kenny Dalglish. L'écossais qui a vécu, en tant que joueur, la grande époque des Reds dans les années 80 qui raflait tout sur son passage.

Liverpool-arrivals_1817859iUne belle brochette tout de même : Andy Carrol à gauche, Kenny Dalglish au centre et  Luis Suarez à droite

Ces choix s'avèreront judicieux pour la suite de la saison. Le club entamera une belle remontée qui le verra terminer 6e de Premier League avec 58 points derrière Tottenham et à 10 points des Gunners (68 points) alors 4e. Dalglish est confirmé dans son poste de manager et tous les supporters espèrent enfin que leur club accrochera le wagon de tête et luttera pour une qualification en Ligue des champions l'année suivante. Et les ambitions pour les dirigeants sont claires : Liverpool doit retoucher les sommets et redevient british ! Ainsi en plus de Carrol à la pointe de l'attaque, du meneur de jeu Gerrard et Glen Johnson à droite, le milieu Henderson est acheté pour 18m€ en provenance de Sunderland, Stewart Downing le talentueux ailier gaucher arrive contre 23m€ d'Aston Villa, Craig Bellamy, le fantasque avant gallois arrive libre de Manchester City et enfin Charlie Adam, le meneur écossais pour 8m€. On oublie l'époque Gerard Houiller et ses français, Benitez et ses espagnols, les Reds auront enfin une identité auxquelles les fans peuvent s'identifier. Coaché par une légende du club : le board désire tirer un trait définitif sur les saisons galères et investissent près de 136m€ sur le marché des transferts en un an afin de redonner ses lettres de noblesse à un club qui navigue en eaux troubles. Côté départs, Jovanovic fera l'aller-retour direction Anderlecht et sa Jupiler League qu'il a quitté un an auparavant. De même pour Joe Cole prêté au LOSC ou Aquilani au Milan AC. Mais plus étonnant, le transfert de dernière minute de Raul Meireles vers Chelsea... encore ! Tous les feux sont aux verts, aucune compétition internationale à disputer en plus, beaucoup d'espoir sont placés pour cette saison de "transition". Mais là encore, la poisse poursuit le LFC. Plus de 33 poteaux, un arbitrage clairement en leur défaveur, Gerrard à la peine, Skrtel ou Reina loin de leur niveau... Les déconvenues sont nombreuses pour le club qui terminera 8e de PL. Après une bonne première moitié de saison, le club s'est effondré en seconde partie. Malgré tout, on ressort des motifs d'espoirs : une victoire en Carling Cup face aux gallois de Cardiff (3-2 ap). Premier trophée soulevé par le club de la Mersey depuis 2006 ! Parallèlement, l'équipe parvient en finale de la FA Cup et échoue face à Chelsea 2-1. Luis Suarez se révèle être un grand buteur et quelques jeunes pousses montrent le bout du nez (Sterling, Shelvey, Kelly). Mais le parcours en championnat et les rapports tendus entre Dalglish et la direction amèneront à une séparation inévitable en fin de saison. Carrol acquis pour 40m€, marquera même pas 5 buts sur l'année. Il restera un gros échec pour le club. Tout comme Charlie Adam ou Stewart Downing.

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II / Changement de tactique : place aux jeunes et au jeu

 

 2012/2013. Le club a changé de propriétaires, on a licencié Hogdson (aujourd'hui sélectionneur de l'Angleterre), on a licencié Dalglish, la plupart des joueurs achetés sont repartis ou déçoivent. Que faire ? Le board, comme de nombreuses équipes européennes touchées par la crise et des finances dans le rouge, revoit sa stratégie : le centre de formation va devenir une nécessité. Après tant d'échecs financiers, pas question de dépenser encore des millions dans le vent. Si tel est le cas, ce sera pour des joueurs à forts potentiels susceptibles de plus-value. Pour la troisième saison consécutive, on change de manager : l'heureux élu sera le nord-irlandais Brendan Rodgers qui a fait de Swansea en deux ans une équipe agréable à voir jouer et offensive avec des joueurs moyens. Désireux de réinventer le "pass & move" liverpudlien, qui consiste à avoir la possession de balle, la conserver, dominer le milieu et assurer un pressing constant à la récupération (ça ressemble au tiki-taka espagnol oui), le coach décide pour cela, de miser sur une colonne vertébrale de joueurs expérimentés et talentueux Reina-Agger-Gerrard-Suarez et d'autres confirmés comme Lucas Leiva, Jose Enrique ou Skrtel. De l'expérience derrière, de la jeunesse et l'insouciance devant afin de concrétiser cette domination.

Brendan-Rodgers1Brendan Rodgers sait comment se faire apprécier pour sa présentation

 

En parlant de jeunesse, petite présentation de ses jeunes loups aperçus un peu l'an dernier, beaucoup cette année à Anfield. Le virevoltant milieu espagnol Suso, l'ailier prodigieux Raheem Sterling, le polyvalent Martin Kelly, le néo-international Jonjo Shelvey qui évolue au milieu et le rock Andre Wisdom derrière. A eux 5, ils représentent cette nouvelle mentalité mise en place au sein du club : promouvoir la formation locale. Tous nés dans les années 90, ils sont l'avenir du club et redonnent une identité locale au club très attaché à ses traditions. D'autres joueurs offensifs sont recrutés à l'étranger comme le jeune buteur italien Fabio Borini de l'AS Roma contre environ 12M€, le prêt de Nuri Sahin qui sort d'une saison blanche au Real Madrid, le néerlandais international marocain Oussama Assaidi pour 3.5M€, véritable phénomène à Heerenveen (Eredivise, Pays-Bas) et enfin Joe Allen, venu dans les bagages de Brendan Rodgers en provenance de Swansea pour un chèque de 16M€.

Reina

Glen Johnson - Skrtel - Agger - Jose Enrique

Allen - Leiva

Gerrard

       Borini                           Sterling      

Suarez

Voici comment on peut présenter en début de saison l'équipe type des Reds. Un 4-3-3 classique avec une défense qui a fait ses armes l'an dernier, un milieu de terrain au profil polyvalent et des jeunes plein d'audace devant pour entourer le buteur maison Luis Suarez. Avec sur le banc des joueurs comme Sahin, Downing, Joe Cole, Carragher, Henderson et les jeunes Shelvey, Kelly, Suso, Assaidi, l'équipe semble armer pour faire mieux qu'une 8e place en Premier League, contrer les blessures, suspensions qui minent l'effectif, et s'adapter à la méthode Rodgers et son "pass & move". En plus, dans le 11 figure 4 britanniques : quelle performance ! En contre-partie, cet énorme turnover a entraîné le départ du très apprécié Dirk Kuyt vers Fenerbahce, du vieillissant Maxi Rodriguez en Argentine, Craig Bellamy à Cardiff, des flops Aquilani vers la Fiorentina, Charlie Adam à Stoke City et Carrol en prêt à West Ham. On peut appeler ça une énième saison de transition.

 

luis-suarez_2441496bLes sourires sont de retour à Anfield Road, pour combien de temps ?


Après un début de championnat une nouvelle fois très compliquée, mais prévisible au vue des changements (qui a failli coûter le scalp de Rodgers), les Reds affichent ces derniers temps une forme digne de leur rang : 7 victoires en 10 matches toutes compétitions confondues. 34 buts marqués, 26 encaissés. Luis Suarez dans la forme de sa vie avec 15 buts inscrits, 2e au classement des buteurs derrière Van Persie. Une qualification en 16e de finale d'Europa League face au Zenith St Petersbourg. Cependant, le pitoyable début de championnat a creusé un écart très difficile à combler avec le quatuor de tête. Le club d'Anfield est placé 8e en championnat à 9 points d'Arsenal, 4e mais avec un match en moins. Malgré leur bonne forme actuelle, Liverpool parviendra-t-il à suivre la cadence des ténors ? Parviendra-t-il à dépasser au classement en fin de championnat des écuries comme les Spurs ou Arsenal ? C'est là toute la question, malgré un effectif de qualité, il est indéniable que le club manque de finisseur entre un Borini qui a pris un abonnement à l'infirmerie et des ailiers (Sterling, Assaidi, Downing, Suso) qui n'ont pas de profil de tueur. Dans ces conditions, le board a misé 13M€ sur l'international anglais qui cirait le banc à Chelsea : Daniel Sturridge, au mercato d'hiver afin d'épauler le seul Suarez. les déceptions Sahin et Joe Cole ont quitté le navire (respectivement Dortmund et West Ham) mais Steven Gerrard est redevenu le meneur de cette équipe et Sterling la révélation de ce début de championnat. Cela sera-t-il suffisant pour se placer devant Manchester City, Chelsea ou Tottenham ? Wait & see...