Les nouveaux propriétaires des Dons tentent de réagir immédiatement en recrutant l'étoile montante Eglil Olsen, norvégien forcément. Le bougre s'est fait une place dans le gratin des entraîneurs hype en hissant la Norvège dans le top 10 de la FIFA. Malheureusement pour lui, le Crazy gang ne l'entend pas de cette oreille, faisant de son bizutage un véritable cauchemar. Au programme pneus crevés, mousse à raser dans les chaussures et même vêtements incendiés. La pente ne sera jamais remontée, une 16ème place à la clé, synonyme de relégation. Olsen est alors limogé, peu de temps après sa nomination. Hammam lui avait senti le coup, puisque entre temps il s'est délesté du peu de part qu'il lui restait en les vendant à Charles Koppel. Le désormais ex-chairman se retire définitivement du club, et s'en va avec son petit pactole sur le dos, faire les yeux doux au club de Cardiff.

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Wimbledon est donc relégué à l'issue de la saison 99-00.Un véritable coup de massue pour les dirigeant et les fans, qui pensaient avoir inscrit le club dans la lignée des grands d'Angleterre. Les dirigeants scandinaves cherchent alors pas tous les moyens à revendre le club à qui en voudra. Ce qui se présentait comme une affaire en or s'était transformée en un vrai désastre. Pourtant, le club se maintient en D2 et stoppe quelque peu l’hémorragie. Il finit par accepter une offre de délocalisation de la ville de Milton Kaynes, la ville n'ayant toujours pas trouvé son propre club. Mais les supporters débutent alors un énorme boycott, et les manifestations se répandent comme la peste. C’est alors que le « Dons trust »  groupe d’un millier de supporters-membres qui fondera l’AFC Wimbledon six mois plus tard, voit le jour sous l'impulsion du Wimbledon Independent Supporters’ Association. Quelques mois après, une commission indépendante dépêchée par la FA décide d'autoriser la délocalisation du club, sûrement lourdement influencé par le looby de Koppel et du groupe appartenant aux propriétaires scandinave (dont Ikea fait partie) ce-dernier étant convaincu qu'il s'agissait de la seule solution possible pour que le club reste viable. Deux jours après l'annonce de la bombe, le 30 Mai 2002, l'AFC Wimbledon est alors créé par des membres du WISA désireux de rebâtir les fondations du club qui les a fait vibré pendant des décennies. Les Dons soutiennent immédiatement l'initiative faisant de l'AFC WIMBLEDON l'un des pionniers du mouvement « fan -owner » club en Angleterre. Il sera d'ailleurs imité par  l'AFC Liverpool ou le United of Manchester FC quelques années plus tard.

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En quelques semaines, une équipe est créée puis écrit les premières pages de sa nouvelle histoire depuis les divisions régionales amateurs (D9). Le club fait le buzz, il est largement soutenu à travers le pays et ce sont près de  4 300 spectateurs qui seront présent pour son premier match de championnat à domicile au stade de Kingsmeadow à Kingston-upon-Thames. Avec une moyenne de près de 3000 spectateurs par match, le club peut se targuer d'une affluence record et exceptionnelle pour un club de cette envergure. Entre 2000 et 2004, l’AFC Wimbledon enchaîne les résultats et gravit doucement mais sûrement les échelons : en témoigne la plus longue série d’invincibilité du football anglais qui s'élève à 78 matches et obtenu par les nouveaux Dons durant cette période. En parallèle, le Wimbledon FC quant à lui n’amasse pas les foules, l'affluence moyenne ne dépassant pas les 3000 spectateurs. Bien pire, il s'englue en seconde division sans parvenir à se renouveler. En Mai 2003, il est finalement placé en redressement judiciaire suite à une gestion financière calamiteuse. La saison d'après et celle de trop pour le club. Ils terminent 24ème de Championship, et valide un aller simple pour la troisième division. Le club est alors renommé Milton Kaynes DONS et s'adjuge le glorieux passé du Wimbledon FC. Pour les  membres du  DONS TRUST et l'ensemble des supporters de l'AFC, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Ces-derniers protestent et condamnent cet acte, le considérant comme illégitime. La « football supporter fédération » boycotte le club est interdit la possibilité d'en devenir membre, pour enrayer la tentative du MK DONS. L'affaire gagne le pays tout entier, et une procédure judiciaire s'engage, elle fera rage pendant près de 3 ans. A son issue, en 2007, les supporters de l'AFC finissent par obtenir gain de cause. Les trophées sont rendus à Wimbledon, la mascarade prend fin et le MK aménage dans son nouvel antre le MK stadium. Enfin, la ville a trouvé son club qui écrit lui aussi désormais ses propres lignes en league two, la division 4 Anglaise.

Quelle histoire !!  On retourne donc à notre date du 03.05.2015. Comme je le disais un peu beaucoup plus haut, le MK DONS a obtenu son billet pour la seconde division anglaise et cet événement valait bien un article pour retracer l'histoire de ce club et le lien l'unissant à son voisin de l'AFC. La bande à Grigg va désormais évoluer dans l'anti-chambre de l'élite anglaise pour la première fois de son existence. Un niveau inespéré quelques années en arrière. Qu'on se le dise, le MK reste encore aujourd'hui vivement critiqué et peine à se faire respecter Outre-Manche. Il reste tout à écrire donc pour ce club dont on ne manquera pas de souligner le parcours exceptionnel lors de ces dernières saisons. Il laisse entrevoir un avenir meilleur, que l'on espère marquer par le pardon du grand public Britannique. A quelques kilomètres de là, l'AFC Wimbledon lui réalise son petit bout de chemin avec un atout indéniable : le soutien de milliers de fans, qui voient en ce club la renaissance du grand Wimbledon FC. Le crazy gang et les années 80 sont bien loin mais le club aura déjà réussi à  acquérir le statut professionnel. A l'heure du foot business, le soutien des fans et la politique de développement du club suffira-t-elle à faire de ce-dernier un grand club de premier league ?  La réponse n'est qu'une histoire de temps et se trouve assurément, dans les années à venir.