Cette ville vous ai sûrement inconnu, et il n'est pas rare de voir plus d'un amateur de football incapable de la situer sur une carte. Un peu de géographie donc pour commencer.

Milton Keynes et une ville « nouvelle » Outre-Manche. C’est à la base un regroupement de plusieurs villes (Stony Stratford, Wolverton et Bletchley) et le fruit d'une loi voté par le parlement en 1967. La suite ? Une croissance rapide, notamment dans le secteur des services et un développement économique axé sur les nouvelles énergies qui en ont fait la capitale énergétique du Royaume-Uni. Une certaine vision utopique de la ville idéale donc, à travers la conception de cette ville comme en témoignent notamment son plan général d'urbanisation très américanisé. Une multitude de rond-point, des bâtiments à l'architecture étrange en font une cité moquée, critiqué à l'image du vilain petit canard, pour ces différences avec ses aînées,  Manchester, Birmingham, Leeds ou encore Liverpool.

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Comme toute ville qui se respecte en Angleterre, Milton Keynes a son club de football. Et ce-dernier s'apprête à évoluer lors de la saison prochaine en seconde division. Nous sommes le 03/05/2015. Les Dons scellent définitivement leur montée en Championship suite à leurs succès 5-1 sur leur pelouse face à la lanterne rouge du championnat Yeovil Town. Avec 101 buts marqués, et 44 d'encaissés, ils forment la meilleure attaque, avec 5 buts de plus inscrits que le leader et champion Bristol City, le tout pour une moyenne de 2,19 buts par matchs. Et c'est certainement grâce à leur fin de saison canon que les Dons ont pu éviter les Play-off et ainsi se qualifier directement pour l'échelon supérieur : 9 Victoires et 1 nul sur leurs 10 derniers matchs de championnat, un quasi-sans faute impressionnant dont il faut souligner la performance. En effet, il faut rappeler qu’à partir de l’antichambre de la premier league, les championnats sont composés de 24 équipes, soit 46 matches à jouer sans compter les matchs de cup. Une saison longue et éprouvante au calendrier chargé regroupant parfois 3 matches par semaine et au cours de laquelle seule la régularité permet d'entrevoir la montée. Par exemple, sur leurs 5 derniers matches, 4 ont été joués entre le 14 et le 25 Avril c'est dire le rythme effréné mené par les hommes de Karl Robinson.

C'est donc un fait, on peut supposer que les MK Dons, puissent continuer leur ascension fulgurante, et pourquoi pas rêver à a premier league dès la fin de saison prochaine. Pourtant, en perfide Albion, ce club du Nord-Ouest Londonien est loin de faire l’unanimité : décrié, voir même renié, il a été à l'origine de la naissance d'un phénomène nouveau : la création d'un nouveau type de club les « AFC ». Petit flashback sur les origines du MK Dons et les raisons de sa faible popularité…

 


 

 

Ce club nouveau à l'image de la ville, a été créé lui aussi de toute pièce en 2004 par les dirigeants du Wimbledon FC club emblématique de la fin des années 80 réputé pour son famous « Crazy gang ». Pourquoi Crazy ? Parce que c'est à l'image de Vinnie Jones alors à l'époque boucher du club, reconnu et redouté pour ses actes de violence. Le mec, était le vrai bad boy anglais. On parle quand même d'un mec qui  lors d'un match à Anfield, a collé sur le mythique « This is Anflied » une feuille de papier sur laquelle il avait inscrit «  on s'en tape »... A côté de lui, Joe Barton et ses tweets, c'est une enfant de chœur hein ! Bref, entre 1982 et 1986 le club franchit successivement 4 paliers, de la d4 à la premier league et ne s'arrête pas là. Alors que peu d'observateurs donnent ses chances à Wimbledon dans l'élite, les joueurs amenés par Boby Gould terminent à une sublime 6 ème place et remportent lors de la saison 1987-1988 leur seul grand trophée, la FA CUP face à l'ogre de l'époque le Liverpool FC. Hammam considère alors cela comme un aboutissement et  évoque alors une possible vente du club. La première d'une des multiples frasques à venir du chairman libanais...

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Côté terrain, tout roule donc pour les Dons. Adeptes prononcés du Kick and rush, l'équipe pratique un jeu rugueux et puissant basé sur le contact physique. Bien qu’à l’ opposé du beau jeu proposé par le visionnaire Brian Clough la méthode porte ses fruits et s'en suivent quelques saisons franchement pas ridicule, dont l’AC Arles-Avignon aurait pu s'inspirer. Le club termine souvent dans la première partie de tableau devant des adversaires tels que Chelsea ou Manchester United et évolue de manière régulière dans les derniers carrés des coupes nationales. Exit Charisteas, mais voici plutôt Dean Holdsworth. L'avant-centre  réalise quelques saisons pleines et permet au club d'acquérir une certaine renommée en s’inscrivant dans la longévité avec pas moins de 14 saisons consécutives dans l'élite. En 1991, le succès monte à la tête de Hammam, dont les ambitions folles semblent n'avoir aucune limite : le libanais évoque son désir de fusionner avec le club de Crystal Palace, pour faire des Dons le plus grand club de Londres. Il annonce dans la foulée la construction d'un grand stade à Wimbledon. L’intérêt est surtout financier pour l'homme d'affaire, qui est propriétaire du stade actuel du club, Plough Lane, dont il souhaite revendre l'emplacement et les terrains adjacents. Cependant, la réaction des supporters et des médias ne se fait pas attendre, ces-derniers s'opposant très fortement au projet fou de leur président le faisant finalement avorter.

En 1992,  Joe Kinnear est nommé manager succédant à Gould. Il continuera alors l'excellent travail réalisé par son prédécesseur en terminant notamment 9è en 1995, 14è en 1996 et 8è en 1997. En coupe le parcours des Dons n'est pas non plus ridicule, avec deux demi-finales de coupe en 1997. C'est à l'issue de cette saison  que le club se voit refuser une fois de plus, son projet de construction d'un nouveau stade, pour remplacer le vétuste Plough Lane. Agacé de la tournure que prennent les événements, Hammam se brouille alors avec des membres du conseil d'arrondissement et dans un excès de colère, il décide de délocaliser le club. Le libanais voit dans ce subterfuge, un moyen détourné d'attirer de nouveau capitaux étrangers à l'heure ou la premier league aimante de plus en plus de pognon. Au final c'est près de 80% des parts du club qui sont alors vendus à deux fortunes Norvégiennes qui voient le rachat du club comme une source de revenu sans limite. En bon VRP Hammam leur vend du rêve et leur promet une délocalisation facile. Cette petite opération lui rapportera alors la coquette somme de 30M£.

C'est alors qu'un événement inattendu  va secouer le club : Keanner subit une crise cardiaque qui l'éloigne des terrains durant quelques mois. L'équipe plie sous le choc et n'arrive plus à enchaîner les bons résultats sans son entraîneur. Le club connaît des difficultés financières importantes et Hammam finit par se retirer partiellement du Board.

 

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by Alexandre Genin